Définitions et opérations
Dans toute cette leçon, , et désignent des -espaces vectoriels.
Question
Un espace vectoriel, c'est un ensemble muni d'une addition et d'une multiplication par un scalaire. Parmi toutes les applications d'un espace vers un espace , l'immense majorité ignore complètement cette structure. Lesquelles la respectent, au sens où l'image d'une somme est la somme des images et l'image d'un multiple est le multiple de l'image ? Et pourquoi ces applications-là méritent-elles qu'on leur consacre un chapitre entier ?
Définitions et exemples
Définition 1 : Application linéaire
Soit une application. On dit que est une application linéaire si :
- Si de plus , on dit que est un endomorphisme.
- Si est bijective, on dit que est un isomorphisme.
- Si est un endomorphisme bijectif, on dit que est un automorphisme.
Notation :
On note l'ensemble des applications linéaires de vers , et l'ensemble des endomorphismes de .
Remarque :
- Si , alors .
- Si , alors pour toute famille d'éléments de et toute famille d'éléments de :
Exemple :
- Pour , l'homothétie de dans est linéaire.
- La dérivation , de dans , est linéaire ; sur c'est un endomorphisme.
- L'intégration , de dans , est linéaire.
- La transposition , de dans , est un isomorphisme.
- Pour un ensemble et , l'évaluation , de dans , est linéaire.
Dans chaque cas, comment le vérifier proprement ?
Le point 1 de la remarque donne un premier réflexe : une application qui n'envoie pas sur ne peut pas être linéaire.
Test 1
L'application , , est linéaire.
Exercice 1 : Reconnaître une application linéaire
On considère définie par . Montrer que est linéaire.
Solution :(cliquer pour afficher)
Soient et . On a :
Donc est linéaire.
Opérations sur les applications linéaires
On sait maintenant reconnaître une application linéaire. Se pose alors la question de leur combinaison : additionne-t-on deux applications linéaires ? les compose-t-on ? les inverse-t-on ? Et chacune de ces opérations produit-elle encore une application linéaire ?
Proposition 1 : Structure d'espace vectoriel
L'ensemble , muni de ses lois usuelles, est un -espace vectoriel.
Remarque :
- En effet, est un sous-espace vectoriel de .
- Toute combinaison linéaire d'applications linéaires est une application linéaire.
Proposition 2 : Composée d'applications linéaires
Si et , alors .
Démonstration :
Soient et . On a :
donc .
Proposition 3 : Linéarité de la composition
Soient et . Alors les applications
sont linéaires.
Démonstration :
Soient et . Soit . On a :
donc . D'où l'application est linéaire. On procède de même pour .
Vocabulaire :
On dit que l'application
est bilinéaire.
Proposition 4 : Réciproque d'un isomorphisme
Soit . Si est bijective, alors .
Démonstration :
Soient et . On a :
ainsi , donc est linéaire.
Exercice 2 : Composée de deux isomorphismes
Soient et deux isomorphismes. Montrer que est un isomorphisme et que .
Solution :(cliquer pour afficher)
D'après la proposition sur la composée, . De plus et sont bijectives, donc l'est aussi (composée de deux bijections) : c'est un isomorphisme.
Posons , qui appartient à (composée de deux applications linéaires, chacune réciproque d'un isomorphisme). On a :
et de même . Donc .
Lemme 1 : Inégalité intermédiaire
Pour tous , on a .
Lemme 2
Un lemme sans titre : seule l'étiquette « Lemme 2 » doit apparaître.