Lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale
Question
Chaque nouvelle expérience semble appeler une nouvelle loi, à déterminer de zéro. Pourtant, les mêmes situations reviennent sans cesse : un tirage sans préférence, une épreuve à deux issues, la répétition de cette épreuve. Ne pourrait-on pas traiter ces cas une fois pour toutes, et se contenter ensuite de les reconnaître ?
C'est le programme de cette leçon. Trois lois y sont mises en place, avec pour chacune la même démarche : une définition, la situation type qu'elle modélise, puis son espérance et sa variance calculées une bonne fois. Le travail, dans un exercice, se réduira alors à identifier la loi et ses paramètres — le reste se lit dans le cours.
La loi uniforme
Question
Comment traduire, en termes de loi, l'idée qu'aucune valeur n'est privilégiée par rapport aux autres ?
Définition 1 : Loi uniforme
Soit une variable aléatoire définie sur , à valeurs dans . On dit que suit une loi uniforme si
On note alors ou .
Remarque :
La condition n'est pas aussi anodine qu'elle en a l'air : elle impose que toutes les valeurs du support aient la même probabilité, et la valeur commune est alors forcée. Puisque les probabilités somment à et sont égales, chacune vaut nécessairement — il n'y a rien à choisir.
Ne pas confondre avec l'équiprobabilité sur , qui est une hypothèse sur le modèle. Une variable peut suivre une loi uniforme sur un univers qui n'est pas équiprobable, et une variable définie sur un univers équiprobable n'a aucune raison de suivre une loi uniforme — la somme de deux dés en est l'exemple le plus immédiat.
Exemple — Exemple type : lancer d'un dé :
On lance un dé équilibré à faces. On note la variable aléatoire correspondant au numéro obtenu. Alors :
Proposition 1 : Espérance de la loi uniforme
Si suit une loi uniforme sur , alors
Démonstration :
Espérance. Toutes les probabilités valant , elles se factorisent, et la somme des premiers entiers est connue :
Variance. La formule de transfert appliquée à , jointe à la somme des carrés des premiers entiers, donne
La formule de Kœnig-Huygens conclut, après mise au même dénominateur et factorisation par :
Remarque :
Les deux résultats se lisent sans effort.
L'espérance est le milieu du support : c'était prévisible, la loi étant symétrique par rapport à ce point, comme le montre l'échange qui laisse la loi invariante.
La variance, elle, croît comme , donc l'écart-type comme : plus le support est étendu, plus la variable est dispersée, proportionnellement à l'étendue. Cas limite instructif : donne , ce qui est cohérent — la variable est alors certaine.
Test 1 : Uniforme sur un univers équiprobable ?
Si l'univers est muni de l'équiprobabilité, toute variable aléatoire définie sur suit une loi uniforme.
Exercice 1 : Rang d'apparition d'une boule noire
Une urne contient une boule noire et boules blanches indiscernables au toucher. On pioche dans l'urne successivement et sans remise les boules. On note la variable aléatoire égale au numéro du tirage auquel la boule noire est apparue.
- Quelle est la loi de ? On précisera et pour tout de .
- Donner les valeurs de et de .
Solution :(cliquer pour afficher)
1. Les boules blanches sont indiscernables au toucher, mais ce sont bien objets distincts : il faut les numéroter pour préserver l'équiprobabilité des issues. On tire successivement et sans remise les boules : une issue est donc l'ordre complet dans lequel elles sortent, c'est-à-dire une permutation des boules. On prend pour l'ensemble de ces permutations, muni de l'équiprobabilité, avec
La boule noire sort à l'un des tirages, et chacun est réalisable : .
Fixons . L'événement impose la position de la boule noire — le -ième tirage — et laisse libre l'ordre des boules blanches sur les places restantes, soit possibilités. Par équiprobabilité :
Cette probabilité ne dépend pas de : la variable suit la loi uniforme sur , soit .
2. Il suffit d'appliquer le résultat du cours en y remplaçant par :
Le point à retenir. Le résultat de la question 1 se devine sans calcul, par symétrie : les boules blanches jouant des rôles interchangeables, aucune position n'est privilégiée pour la boule noire, et les rangs sont donc équiprobables. Un tel argument est un excellent contrôle, mais il ne dispense pas de la rédaction : c'est la description explicite de et le dénombrement de qui font la preuve.
Noter aussi le piège de modélisation : traiter les boules blanches comme un objet unique, sous prétexte qu'elles sont indiscernables, détruit l'équiprobabilité et fausse tout le calcul. Des objets indiscernables au toucher restent des objets distincts.
La loi de Bernoulli
Question
Une expérience n'a parfois que deux issues : gagné ou perdu, conforme ou défectueux, pile ou face. La loi est alors si simple qu'on pourrait la croire sans intérêt. Pourquoi lui donner un nom, et que peut-elle bien servir à construire ?
Définition 2 : Loi de Bernoulli
Soit une variable aléatoire définie sur à valeurs dans . Pour , on dit que suit une loi de Bernoulli de paramètre si
On note ou .
Remarque :
-
En général , mais si , alors , ou si , alors . Ce sont des cas critiques qui correspondent à la loi certaine.
-
La loi suit une loi de Bernoulli de paramètre .
Remarque :
Le point 2 admet une réciproque, et c'est elle qui donne son statut à la loi de Bernoulli. On a établi qu'une variable aléatoire vérifiant est l'indicatrice de l'événement ; or une variable à valeurs dans vérifie précisément cette équation. Les variables de Bernoulli sont donc exactement les indicatrices d'événements.
Une loi de Bernoulli n'est ainsi rien d'autre qu'un événement vu comme un nombre. C'est ce changement de point de vue qui rend la notion utile : un événement ne s'additionne pas, une indicatrice si — et compter les réalisations d'un événement devient une somme de variables aléatoires. Toute la suite de cette leçon repose sur ce basculement.
Exemple — Exemple type : lancer à deux issues :
Une pièce truquée a une probabilité de tomber sur pile (succès) et de tomber sur face (échec). On définit la variable aléatoire qui teste si pile est sorti : vaut si on obtient pile, et sinon.
Vocabulaire :
Une expérience aléatoire à deux issues, l'une appelée succès et l'autre échec, s'appelle une épreuve de Bernoulli. Le paramètre est la probabilité du succès.
Proposition 2 : Espérance et variance d'une loi de Bernoulli
Soit une variable aléatoire suivant la loi de Bernoulli de paramètre . Alors :
Démonstration :
La somme définissant l'espérance ne comporte que deux termes, dont l'un est nul :
Pour la variance, on exploite le fait que ne prend que les valeurs et , qui sont leurs propres carrés : la variable est égale à . Donc , et la formule de Kœnig-Huygens donne
Remarque :
L'égalité redit, en langage d'espérance, que : une probabilité est une espérance.
La variance mérite une lecture. Vue comme fonction de sur , c'est une parabole qui s'annule en et en et culmine en , où elle vaut . Autrement dit, l'incertitude est maximale quand les deux issues sont également probables, et nulle quand l'une d'elles est certaine — ce qui est exactement ce qu'on attend d'une mesure de dispersion.
Test 2 : Une équation caractéristique
Une variable aléatoire suit une loi de Bernoulli si et seulement si .
Exercice 2 : Multiple de trois
On lance un dé équilibré à faces. On définit la variable aléatoire valant si le résultat est un multiple de , et sinon. Déterminer la loi de , puis calculer et .
Solution :(cliquer pour afficher)
On prend muni de l'équiprobabilité. La variable est à valeurs dans : elle suit donc une loi de Bernoulli, et il ne reste qu'à identifier son paramètre.
Soit l'événement « le résultat est un multiple de ». Les multiples de dans sont et , donc et
Ainsi , avec et . Le cours donne alors directement
La méthode, en deux temps. Une fois la loi reconnue, plus rien n'est à calculer : et se lisent dans le cours. Tout le travail consiste donc à vérifier que est à valeurs dans , puis à déterminer — et déterminer , c'est calculer une probabilité d'événement, donc dénombrer. C'est le schéma que suivront tous les exercices de cette leçon.
La loi binomiale
Question
Une épreuve de Bernoulli isolée n'apprend pas grand-chose. Mais si on la répète fois dans les mêmes conditions et qu'on compte les succès, quelle est la loi de ce compte ?
Définition 3 : Loi binomiale
Soit une variable aléatoire définie sur à valeurs dans . Pour , on dit que suit une loi binomiale de paramètres et si
On note ou .
Remarque :
- D'après la formule du binôme de Newton, on retrouve bien :
-
La loi de Bernoulli est un cas particulier de la loi binomiale pour : .
-
La remarque formulée pour la loi de Bernoulli concernant le paramètre est également valable pour la loi binomiale.
Question
La définition pose une formule, sans dire d'où elle vient. Pourquoi ce coefficient binomial, pourquoi ces exposants ? Quelle expérience concrète produit exactement cette loi — et sous quelles conditions ?
Notation :
Pour , on note l'ensemble des parties de de cardinal . Le dénombrement des combinaisons donne
Proposition 3 : Interprétation de la loi binomiale
Si est la variable aléatoire égale au nombre de succès obtenus lors de la répétition indépendante de épreuves de Bernoulli de même paramètre , alors suit une loi binomiale de paramètres et .
Autrement dit : si , avec pour tout , et mutuellement indépendantes, alors
Démonstration :
Considérons une expérience à deux issues menée à reprises dans les mêmes conditions (lancers de pile ou face, tirages dans une urne avec remise…). Notons l'événement « victoire à la -ème expérience » pour , de sorte que et que compte les victoires.
Décomposition de l'événement . Fixons . Pour toute partie , posons
l'événement « les victoires ont lieu exactement aux expériences d'indices dans ».
Ces événements sont deux à deux incompatibles : si , il existe un indice appartenant à l'une des deux parties et pas à l'autre, disons ; alors tandis que , et l'intersection est vide.
Leur réunion est : si vérifie , la partie est de cardinal et ; réciproquement, toute issue de réalise exactement victoires.
Le calcul. L'additivité de la probabilité, puis l'indépendance mutuelle, puis le dénombrement donnent successivement :
Justifions les deux passages qui ne sont pas de pure écriture.
Le troisième utilise l'indépendance mutuelle des variables . En effet, et : l'événement est exactement l'intersection des pour le -uplet valant sur et ailleurs. La définition de l'indépendance mutuelle donne directement la factorisation en produit.
Le quatrième utilise que les épreuves ont toutes le même paramètre : chacun des facteurs vaut et chacun des facteurs vaut . Le terme sommé ne dépend donc plus de , et la somme d'une constante sur vaut cette constante multipliée par le cardinal de cet ensemble, c'est-à-dire .
Remarque :
La démonstration éclaire la formule terme par terme, et il faut savoir la relire ainsi : est la probabilité d'un scénario précis à succès, et compte le nombre de scénarios de ce type. Le coefficient binomial n'a donc rien de mystérieux : il dénombre les places possibles des succès.
Elle isole surtout trois hypothèses, chacune indispensable, et chacune utilisée à un endroit précis.
| Hypothèse | Où elle sert |
|---|---|
| Deux issues par épreuve | Écriture de à l'aide de et |
| Indépendance mutuelle | Factorisation en produit (3ᵉ ligne) |
| Même paramètre | Terme constant sur (4ᵉ ligne) |
Retirer l'une d'elles fait tomber le résultat. Un tirage sans remise viole l'indépendance : le nombre de boules blanches obtenues ne suit alors pas une loi binomiale. Des épreuves de paramètres différents la violent aussi : la somme reste à valeurs dans , mais sa loi n'est plus binomiale.
Exemple :
- Tirages avec remise :
On dispose d'une urne contenant boules, dont sont rouges et sont jaunes. On effectue tirages successifs avec remise. La probabilité d'obtenir exactement boules rouges parmi les tirages est
- Répétitions indépendantes d'une épreuve de Bernoulli :
On reprend l'épreuve de Bernoulli à la pièce et l'on effectue lancers indépendants. On définit la variable aléatoire qui compte le nombre de fois que l'on a obtenu pile (nombre de succès). Alors
Proposition 4 : Espérance et variance d'une loi binomiale
Soit une variable aléatoire suivant la loi binomiale de paramètre . Alors :
Démonstration :
Considérons variables mutuellement indépendantes, suivant chacune la loi , et posons . La proposition précédente assure que suit la loi , donc que .
Or l'espérance et la variance ne dépendent que de la loi : deux variables de même loi ont même espérance, et même espérance du carré, donc même variance. Il suffit donc d'établir le résultat pour .
Espérance. La linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse, et donnent
Variance. Les étant mutuellement indépendantes, les variances s'ajoutent, et :
D'où et .
Remarque :
Le résultat est celui qu'on attendait : sur épreuves ayant chacune une chance de réussir, on réussit en moyenne fois. Il ne faut cependant pas oublier qu'il repose sur une démonstration — c'est la linéarité, non l'intuition, qui l'établit.
La variance se lit comme fois la variance d'une seule épreuve : c'est l'additivité en action, et c'est le seul endroit du calcul où l'indépendance a servi. On peut d'ailleurs mesurer ce que coûte le hasard relativement à la taille de l'expérience :
Le nombre de succès fluctue donc de moins en moins, proportionnellement à sa valeur moyenne, quand le nombre d'épreuves grandit : c'est déjà l'ombre de la loi des grands nombres.
Exercice 3 : Retrouver l'espérance par le calcul direct
Soit avec .
- Montrer que pour tout , on a .
- En déduire, par le calcul direct de , que .
- Montrer de même que pour , puis calculer .
- En déduire .
Solution :(cliquer pour afficher)
1. Soit . On écrit les deux membres sous forme factorielle :
Les deux expressions coïncident.
2. Le terme d'indice est nul, ce qui permet de démarrer la somme à et d'appliquer la question 1 :
On factorise et l'on pose , de sorte que parcourt et que :
la dernière somme étant reconnue comme le développement du binôme de Newton, égal à .
3. Le même calcul factoriel donne, pour ,
Par la formule de transfert appliquée à , les termes et étant nuls :
avec . La somme vaut de nouveau , donc .
4. La linéarité donne , puis Kœnig-Huygens :
Pourquoi cet exercice. Il retrouve par le calcul ce que la décomposition en somme d'indicatrices a donné en trois lignes — et le contraste est instructif. La voie directe fonctionne, mais elle exige deux identités binomiales et deux changements d'indice ; la voie structurelle ne demande que la linéarité et l'additivité. C'est la leçon générale du chapitre : décomposer avant de calculer.
La technique reste néanmoins à connaître. Le détour par plutôt que par est un réflexe standard dès qu'un coefficient binomial est en jeu : c'est le facteur qui simplifie les factorielles, pas .
Test 3 : Tirage sans remise
Une urne contient boules blanches et boules noires. On tire successivement boules sans remise et l'on note le nombre de boules blanches obtenues. Alors suit la loi binomiale de paramètres et .
Test 4 : Le complémentaire d'une binomiale
Si , alors .
Exercice 4 : Parc automobile
On suppose que la proportion de véhicules d'un parc automobile utilisés principalement pour le trajet entre le domicile et le travail est égale à . On sélectionne de manière indépendante un échantillon aléatoire de véhicules. On note le nombre de véhicules de l'échantillon utilisés principalement pour ce trajet.
- Préciser la loi de probabilité de ainsi que ses paramètres.
- Exprimer, en fonction de et , la probabilité qu'exactement deux véhicules soient utilisés principalement pour le trajet domicile-travail. On supposera .
- Exprimer, en fonction de et , la probabilité qu'au moins un véhicule soit utilisé principalement pour ce trajet.
Solution :(cliquer pour afficher)
1. Examinons les trois conditions de l'interprétation. Chaque véhicule sélectionné donne lieu à une épreuve à deux issues — il est utilisé principalement pour ce trajet, ou non — de probabilité de succès , identique pour tous puisque la proportion dans le parc est fixée ; enfin les sélections sont indépendantes par hypothèse. La variable compte les succès sur épreuves :
2. Il suffit d'appliquer la formule en , en explicitant le coefficient binomial :
3. L'événement « au moins un » est le contraire de « aucun » — c'est le réflexe à avoir, une seule probabilité étant alors à calculer au lieu de :
Contrôle et interprétation. Comme , la quantité tend vers : la probabilité qu'au moins un véhicule convienne tend vers quand l'échantillon grandit. C'est cohérent — avec assez de véhicules, on finit par en trouver un. On peut aussi contrôler l'ordre de grandeur par l'espérance : , donc dès que dépasse nettement , l'événement est très probable.
Noter enfin que la question 1 était l'essentiel de l'exercice. Les questions 2 et 3 ne sont que des applications de la formule : une fois la loi reconnue et ses paramètres identifiés, il n'y a plus de probabilité à construire.
Reconnaître une loi usuelle
Rédaction — Identifier la loi d'une variable aléatoire :
Devant une variable aléatoire, ne pas se lancer dans le dénombrement avant d'avoir cherché si sa loi est usuelle. La démarche tient en trois questions.
Question 1 — Quel est le support ? Deux valeurs oriente vers Bernoulli ; un intervalle d'entiers vers l'uniforme ; où est un nombre de répétitions, vers la binomiale.
Question 2 — La variable compte-t-elle quelque chose ? Si oui, chercher les épreuves dont elle compte les succès, et vérifier les trois conditions : deux issues, même probabilité de succès, indépendance mutuelle. Le point qui échoue le plus souvent est l'indépendance — un tirage sans remise la détruit.
Question 3 — Y a-t-il une symétrie ? Si les valeurs possibles jouent des rôles interchangeables, la loi est uniforme, et la vérification est immédiate.
Si aucune des trois lois ne convient, on revient à la méthode générale : support, puis par dénombrement.
Une fois la loi reconnue, l'espérance et la variance ne se calculent plus : elles se lisent.
| Loi | Support | |||
|---|---|---|---|---|
| si , si | ||||
Exercice 5 : Cinq situations, quelles lois ?
Pour chacune des situations suivantes, dire si la variable suit l'une des trois lois usuelles. Si oui, préciser laquelle et ses paramètres, puis donner et . Si non, justifier précisément quelle condition est en défaut.
- On lance fois une pièce truquée donnant pile avec probabilité ; est le nombre de piles obtenus.
- Une urne contient boules, dont blanches. On tire successivement boules avec remise ; est le nombre de blanches obtenues.
- Mêmes données, mais les boules sont tirées sans remise ; est le nombre de blanches obtenues.
- On lance deux dés équilibrés ; est la somme des deux résultats.
- On tire au hasard une carte dans un jeu de cartes ; vaut si la carte est un cœur et sinon.
Solution :(cliquer pour afficher)
1. Dix épreuves à deux issues, de même probabilité de succès , indépendantes puisque les lancers le sont, et compte les succès : les trois conditions sont réunies.
2. La remise rétablit l'état initial de l'urne avant chaque tirage : les quatre épreuves sont indépendantes et ont toutes la même probabilité de succès .
3. Aucune des trois lois. La variable compte bien des succès sur quatre épreuves à deux issues, mais l'indépendance est en défaut, et le paramètre change d'une épreuve à l'autre : sachant que la première boule est blanche, la deuxième l'est avec probabilité , contre dans le cas contraire.
Le contre-exemple décisif se lit sur le support : la loi donnerait , alors qu'il est impossible d'obtenir quatre blanches quand l'urne n'en contient que trois. Ici et non .
C'est la comparaison des questions 2 et 3 qu'il faut retenir : même urne, même nombre de tirages, même question — et deux lois entièrement différentes. Seul le protocole les sépare.
4. Aucune des trois lois. Le support est bien un intervalle d'entiers, mais la loi n'est pas uniforme : tandis que . Aucune symétrie n'échange les valeurs entre elles, les paquets d'issues qu'elles regroupent n'ayant pas la même taille. La variable ne compte par ailleurs aucun succès : ce n'est pas une somme d'indicatrices, mais une somme de deux variables uniformes.
5. La variable est à valeurs dans : c'est une loi de Bernoulli, et il ne reste qu'à en identifier le paramètre. Un jeu de cartes comporte quatre couleurs de cartes chacune, donc cœurs :
Bilan. Deux situations sur cinq échappent aux lois usuelles, et c'est une proportion réaliste : le catalogue est utile, il n'est pas universel. Le vrai savoir-faire n'est pas de plaquer une loi, mais de vérifier ses conditions — et de savoir revenir à la méthode générale quand elles ne sont pas remplies.